Michèle Katz

Cité des Arts
19 allée Marc Chagall
75013 Paris
tel : 01 45 86 45 49

michelekatz@wanadoo.fr

http://michelekatz.free.fr/

 

Du 9 janvier au 5 février 2007

"Personne ne témoigne pour le témoin : chemin"
Installation/Performance

à la Maison des métallos
94, rue Jean-Pierre Timbaud 75011 Paris
Teléphone : 01 47 00 25 20
Site : www.maisondesmetallos.org

Conception Michèle Katz
Peintures Michèle Katz
Comédien André Marcon (voix)
Voix de Paul Celan
Chofar Zev
Création lumière François-Éric Valentin
Construction Société CES
Réalisateur du film Claude Yvans
Catalogue : « Michèle Katz. Esthétique du désastre »
Textes de Jean-Luc Chalumeau et de Michèle Katz
Editions Area (avec le soutien de la Fondation pour la mémoire de la Shoah)
Partenaires : La Maison des métallos , La Fondation pour la mémoire de la Shoah
Remerciements à Eric Celan

voir : notre article

 

voir aussi : "Le Schibboleth pour Paul Celan" Texte de Jacques Derrida monotypes & lithographies originales de Michèle Katz. Poème et fragments "In eins" de Paul Celan, fragments extrait du livre de Jacques Derrida "Schibboleth pour Paul Celan" (éd. Galilée 1986).

 

Michèle Katz par Jean-Luc Chalumeau
dans La nouvelle figuration, Une histoire, de 1953 à nos jours, Figuration narrative, Jeune Peinture, Figuration critique
éditions Cercle d'art, 2003 p 206 - 207 - 208

"En mai 1996, Michele Katz exposait ses peintures des dix dernières années au Couvent des Cordeliers de Chateauroux. Nous l'avons déjà croisée, militante convaincue a la Jeune Peinture dans les années 70. A cette époque, elle était révoltée contre la manière dont le milieu de I'art, fort machiste, occultait Ie travail des artistes-femmes. Faut-il rappeler qu'en avril 1974, le numéro spécial des Temps Modernes intitulé « Les femmes s'entêtent» ne put donner la parole aux femmes qui témoignaient que sous l'anonymat de leurs prénoms, tant les menaces de pressions et représailles sur les auteures étaient réelles?

Depuis 1961, Michèle Katz avait choisi de peindre le corps comme personne avant elle ne l'avait peint. Elle évoluait dans le milieu de la Nouvelle figuration alors que sa peinture ne correspondait en rien aux travaux de ses camarades hommes, mais elle revendiquait absolument ce terme de «nouvelle figuration» pour elle-même. Elle le revendique toujours aujourd'hui: «II est clair, écrit-elle, que les femmes artistes porteuses d'une forte vérité sur le corps dans les années 70 avaient besoin de temps pour devenir auteur de leur propre corps, à plus forte raison pour l'être en tant que poètes ou peintres. En ce temps, il y a eu des fleurs bleues, des rigolotes encoocoonées, des zen, etc. Nous voulions autre chose que le misérabilisme de Richier. C'est Louise Bourgeois, aux USA, qui faisait le boulot...»

Avec l'exposition de 1996, qui serait suivie de plusieurs autres à Paris, Michèle Katz, après avoir vécu dans les déserts et multiplié les expériences, faisait le point sur dix ans de travail. Lorsqu'elle allait au désert, celui du Sinaï par exemple, ce n'était pas la révélation d'un mystère qu'elle cherchait. Parce qu'elle était avant tout peintre, elle y était invinciblement attirée par la présence de l'énigme. Qu'est-ce qu'une énigme? «La délivrance d'un sens à mots couverts, une parole cryptée qui laisse soudain à découvert ce qui était jusque-là pur mystère. L'énigme s'oppose ainsi au mystère non pas en tant que sa négation, mais comme figure de sa manifestation cryptée.» (Marie-José Mondzain, Image, icône, économie. Seuil 1996, p. 109). Dans les «Écritures du désert» comme dans les «Écritures de la patience», Michèle Katz procédait par récupération de fragments d'anciennes toiles, dont la recomposition par collage sur une toile nouvelle créait la possibilité de la fulgurance d'une «parole cryptée», la seule capable d'exprimer ce qui est d'ordinaire à la fois indicible et non figurable. Voilà en quoi, pour Michèle Katz, la peinture est une utopie, mais une utopie nécessaire. C'est par elle que les fragments se (re)composent, et c'est par elle que l'artiste ne craint pas pour elle-même quelque morcellement que ce soit. Elle a travaillé en milieu hospitalier parmi des schizophrènes et sait ce que c'est que la perte d'unité dans une personne. Mais elle se sait protégée par la peinture en tant que reconstitution permanente d'une totalité perdue.

Au milieu des années 90, Katz privilégiait l'emploi d'empreintes de corps, prises à même la peau (elle a continué par la suite). Le papier retient l'huile, et l'artiste y dépose du graphite ou du pigment ensuite fixé. Il ne lui reste plus qu'à introduire ces images achiropoïètes dans de vastes compositions dont les clefs seraient à rechercher aussi bien dans la biographie la plus intime de l'artiste que dans l'histoire de l'art. «L'empreinte est un transfert», dit Michèle Katz, faisant référence à l'héritage de Marcel Duchamp, mais ajoutant aussitôt qu'elle, en tout cas, croit à la peinture «rétinienne» détestée par le célèbre joueur d'échecs parce qu'elle aime la peinture, tout simplement.

Ces fragments sont ceux de bouches, d'oreilles ou de sexes, par exemple, mais jamais de mains («Parce que les mains sont pour moi des formes usées», explique-t-elle). Nul fétichisme ici, à la manière d'une Louise Bourgeois monumentalisant des sexes dans ses sculptures (c'est une référence pour elle, non un modèle). Michèle Katz laisse rôder son art aux marges de l'érotique et de la mort, là où se posent les questions essentielles. On comprend alors pourquoi ses tableaux portent des citations - souvent de Jabès - en guise de titres. Celle-ci par exemple: «Nos linceuls sont tissés de toutes nos solitudes", ou encore celle-ci : "Nous nous sommes dispersés sans nous voir. »

La peinture de Michèle Katz combine avec une étonnante aisance à la fois le vieux fantasme achiropoïète de la photographie, qui remonte au moins au Voile de Véronique, et la problématique d'une peinture qui serait pure émanation spirituelle, ramenant l'image à celle de la manifestation d'une vérité originaire (c'est-à-dire la problématique définie au début du siècle par Kandinsky, Malévitch et Mondrian). Les formes, les couleurs et même les objets (comme les boîtes de médicaments à vingt-neuf alvéoles) déposés par Michèle Katz sur ses toiles des années 90 fonctionnent à la manière d'un voile qui couvre et découvre à la fois. Il faut prendre le risque de s'y perdre. C'est à cette condition que l'on aura une chance d'y entendre la parole cryptée qui s'y murmure sans répit."

 
Principales expositions et évènements artistiques.
1966 première rétrospective au Musée d'Art et d'Histoire de Genève .Peintures et dessins.
1969 Participe à la première Biennale mondiale des Jeunes artistes de moins de 35 ans qui se tient à Paris.
1996 deuxième rétrospective au Couvent des Cordeliers de Châteauroux, (Indre). 50 pièces exposées, dont les douze peintures sur bâche de 4 x3 mètres dans la nef de 100 mètres sur 10. Catalogue
Evènements artistiques récents :
1998 Galerie Frédéric Sagot "Retour du Désert"
1999 Installation dans une péniche sur la Seine : "Peau de Jour, Peau de Nuit", en hommage à Paul Celan. Peinture de monotypes marouflés de 17 mètres sur 1.30. Catalogue avec préface de JL.Chalumeau
2000 Création de la Performance: "Meguilot pour Paul Celan" créée au Moulin d'Andé.
Création du livre de bibliophilie : "le Schibboleth pour Paul Celan de Jacques Derrida, monotypes et lithographie de Michèle Katz", qui a reçu le soutien du Centre National du Livre.
2001 Exposition au Centre Culturel de Séoul, Corée.
2003 14-26 janvier. Exposition de trravaux sur papier. Deux séries: 1. "Les mains parlent".
2. "Petites apparitions". Art et Littérature Werner Bruck, 120 Bld du Montparnasse, 75014 Paris.
téléphone : 01 43 20 63 70. Ouvert le Dimanche.
2008 « Personne ne témoigne pour le témoin » : chemin » Maison des Métallos. Exposition de l’Installation/Performance
Partenaires : Fondation pour la mémoire de la Shoah. Avec André Marcon, comédien, François-Eric Valentin, Créateur de lumières, Chev, souffleur de chofar.
 

Collections publiques et privées

Achats de l’Etat, de médiathèques Municipales, de la Bibliothèque Jacque Doucet, de la Bibliothèque de l’ AIU, par le Musée d’art et d’histoire du judaïsme (2006), par des collectionneurs privés, en France et à l’étranger. Catalogues disponibles.

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